L'énigme du moteur Peugeot THP enfin décryptée

Le moteur Peugeot THP, souvent acclamé pour ses performances, est aussi entouré d'une aura de mystère quant à sa fiabilité et son entretien. Née d'une alliance stratégique entre le groupe PSA (actuel Stellantis) et BMW Group, cette famille de moteurs essence turbocompressés, connue sous le nom de code 'Prince' par BMW, a équipé de nombreux modèles des marques Peugeot, Citroën et DS, mais aussi Mini. Loin des légendes urbaines qui circulent sur les forums, comprendre le moteur THP commence par démêler le vrai du faux.

  • Le moteur THP est une conception commune Peugeot-BMW.
  • Il a connu plusieurs évolutions depuis son lancement.
  • Sa réputation est mitigée, oscillant entre performances et préoccupations techniques.
  • Un entretien rigoureux est crucial pour sa longévité.

Si vous envisagez l'achat d'un véhicule équipé de ce moteur, ou si vous en possédez déjà un, il est primordial de connaître ses caractéristiques intrinsèques et les points d'attention spécifiques. Ignorer ces détails peut mener à des déconvenues coûteuses. Cet article se propose de vous éclairer objectivement sur ce bloc moteur pour faire des choix éclairés.

Comprendre les origines du moteur 'Prince'

L'histoire du moteur Peugeot THP débute au milieu des années 2000. L'objectif était de développer un moteur essence performant, à la fois pour les gammes Peugeot/Citroën et pour celles de BMW/Mini. Cette collaboration visait à mutualiser les coûts de développement et à bénéficier des savoir-faire de chaque constructeur. Le résultat fut le moteur 'Prince', une famille de blocs 1.6L turbocompressés qui a rapidement trouvé sa place sous les capots de nombreux véhicules.

Ce moteur se caractérise par son architecture à quatre cylindres en ligne, son turbocompresseur, et souvent par des technologies comme l'injection directe (pour les versions THP) et le calage variable des soupapes. Il a été conçu pour offrir un bon compromis entre puissance, couple et consommation, répondant ainsi aux normes environnementales de plus en plus strictes tout en assurant un agrément de conduite certain. Sa conception innovante pour l'époque a marqué une étape importante dans la motorisation des véhicules de série.

Pourquoi le moteur THP suscite-t-il autant de débats ?

Qu'est-ce qui rend le moteur THP si controversé ? La réponse réside souvent dans une combinaison de facteurs : des performances appréciées, mais aussi des problèmes techniques récurrents qui ont marqué certains exemplaires. Au fil du temps, plusieurs versions du moteur THP ont été commercialisées, chacune avec ses ajustements et, malheureusement, ses propres vulnérabilités. Ces soucis, amplifiés par le bouche-à-oreille sur les forums automobiles et les réseaux sociaux, ont forgé une réputation parfois sévère.

Les principaux points de discussion tournent souvent autour de la distribution, de la consommation d'huile, et de la gestion thermique. Si pour certains propriétaires, le moteur THP a toujours fonctionné sans accroc majeur, d'autres ont rencontré des déconvenues. Il est essentiel de distinguer les problèmes spécifiques à certaines séries ou à des défauts d'entretien de la conception générale du moteur. Une mauvaise gestion de la courroie de distribution, par exemple, peut entraîner des dégats mécaniques graves, tout comme une négligence concernant le niveau d'huile.

Les spécificités techniques qui font sa réputation

Le moteur Peugeot THP, dans ses différentes déclinaisons, partage des caractéristiques techniques fondamentales. On retrouve généralement une cylindrée de 1.6 litre, un turbocompresseur pour augmenter la puissance et le couple, et une architecture en ligne à quatre cylindres. Les versions les plus récentes intègrent souvent des technologies d'injection directe d'essence, permettant une meilleure efficacité énergétique et une réponse plus immédiate à l'accélérateur.

Cependant, c'est dans les détails que résident les différences et les points d'attention. L'une des évolutions majeures a concerné la chaîne de distribution. Les premières générations du moteur THP ont été sujettes à des problèmes de tension et d'usure prématurée de la chaîne, pouvant mener à un décalage de la distribution et à des dommages irréversibles au moteur. Les ingénieurs ont par la suite revu et renforcé ce système sur les versions ultérieures pour pallier ces défauts. Il est crucial de connaître le code moteur exact de votre véhicule pour identifier la génération et les spécificités qui lui sont propres.

L'entretien scrupuleux et la vigilance quant aux spécificités techniques de chaque version du moteur THP sont les clés pour déjouer ses faiblesses réelles.

De même, la gestion de la lubrification a fait l'objet d'améliorations. Une consommation d'huile excessive peut survenir si les segments de piston ou les guides de soupapes montrent des signes d'usure, ou si le système de ventilation du carter (PCV) est encrassé. Ces éléments, s'ils ne sont pas surveillés, peuvent engendrer une baisse du niveau d'huile moteur, avec des conséquences potentiellement désastreuses sur la mécanique interne.

Les bases : identifier et comprendre les différentes versions du THP

Pour naviguer sereinement dans l'univers du moteur Peugeot THP, il est indispensable de savoir distinguer ses différentes incarnations. Ces moteurs, bien que partageant une base commune, ont évolué, recevant des mises à jour et des améliorations pour corriger des faiblesses ou pour répondre à des normes environnementales plus strictes. Identifier la version exacte de votre moteur THP est la première étape pour comprendre ses spécificités et les précautions à prendre.

Les codes moteurs et leurs significations

Les moteurs THP sont généralement identifiés par des codes alphanumériques qui indiquent la génération et les caractéristiques spécifiques. Par exemple, les premières versions du 1.6 THP sont souvent associées aux codes EP6DT ou EP6DTS chez Peugeot/Citroën, et N14B16 chez BMW. Ces moteurs, développés autour des années 2007-2010, sont ceux qui ont le plus souvent été cités pour des soucis de distribution et de consommation d'huile.

Les générations ultérieures, comme les EP6CDT, EP6CDTX ou EP6DT/H, ont bénéficié de modifications. Souvent, ces changements concernent le système de distribution, le turbo, ou encore l'injection. Il est aussi important de noter l'arrivée des versions 'PureTech' qui, bien que partageant certains principes de suralimentation, constituent une famille de moteurs distincte et plus moderne, notamment avec les 3 cylindres.

Vérifiez systématiquement le code moteur exact de votre véhicule, souvent inscrit sur une étiquette apposée sur le bloc moteur ou dans le carnet d'entretien, pour rechercher les informations techniques et les bulletins de service spécifiques à votre version.

Les modèles Peugeot équipés du moteur THP

Le moteur THP a été monté sur une multitude de modèles Peugeot, couvrant plusieurs segments du marché. On le retrouve particulièrement sur les véhicules sportifs ou haut de gamme de la marque :

  • Peugeot 207 GT/RC : Ces versions sportives ont été parmi les premières à adopter ce moteur, offrant un excellent agrément de conduite.
  • Peugeot 308 (première génération) : Dans ses différentes déclinaisons de puissance, le THP a animé les versions sportives comme la 308 GT ou les versions à caractère plus dynamique.
  • Peugeot RCZ : Ce coupé sportif emblématique a largement bénéficié des performances du moteur THP, avec des puissances allant jusqu'à 200 chevaux.
  • Peugeot 508 : Dans ses premières années, la 508 a proposé ce moteur pour des versions plus performantes, offrant un bon équilibre entre confort et dynamisme.

Il est important de noter que les performances et les faiblesses potentielles peuvent varier légèrement selon la puissance développée par le moteur (par exemple, 150, 156, 175 ou 200 chevaux) et les adaptations spécifiques faites par Peugeot pour chaque modèle.

Les faiblesses et problèmes courants du moteur THP

Bien que le moteur Peugeot THP offre des performances appréciables, il n'est pas exempt de défauts. Les problèmes les plus fréquemment rapportés par les propriétaires et les professionnels de l'automobile concernent principalement la distribution, la consommation d'huile et parfois l'encrassement. Ces points d'attention ne sont pas systématiques, mais leur connaissance permet d'anticiper et de réagir rapidement.

Problèmes de distribution : la fragilité de la chaîne

Le maillon faible le plus documenté sur les premières générations du moteur THP est sans conteste le système de distribution par chaîne. Sur les moteurs produits avant certaines dates, la tension de la chaîne et la qualité des tendeurs et guides pouvaient poser problème. Une usure prématurée ou un mauvais positionnement de la chaîne peut entraîner des ratés moteur, une perte de puissance, et dans les cas les plus graves, un décalage de la distribution qui peut aller jusqu'à la destruction du moteur (soupapes et pistons qui se rencontrent).

Les symptômes typiques incluent un bruit de cliquetis au démarrage, surtout à froid, ou un bruit de 'grattement' venant de l'avant du moteur. Un voyant moteur peut s'allumer, signalant un problème de synchronisation. Il est conseillé de vérifier l'historique d'entretien de votre véhicule concernant la distribution. Si le remplacement n'a jamais été effectué, ou s'il date de nombreux kilomètres, une inspection préventive par un professionnel est fortement recommandée.

Consommation d'huile excessive

Une autre préoccupation majeure concernant le moteur THP est sa tendance à consommer de l'huile. Cette consommation peut augmenter avec le kilométrage et peut être due à plusieurs facteurs. L'usure des segments de piston, l'encrassement des segments, ou encore un problème au niveau des guides de soupapes et de leurs joints peuvent entraîner une quantité d'huile passant dans la chambre de combustion. Le système de reniflard peut également se boucher, augmentant la pression interne et favorisant les fuites ou la consommation.

Une consommation d'huile anormale, nécessitant de refaire l'appoint très régulièrement (plus d'un litre entre deux vidanges), doit alerter. Ignorer ce problème peut mener à une lubrification insuffisante du moteur, provoquant une surchauffe et une usure accélérée des pièces mécaniques. Un suivi attentif du niveau d'huile, même en dehors des intervalles de vidange préconisés, est donc essentiel.

Encrassement du système d'admission

Comme de nombreux moteurs à injection directe d'essence, le THP peut souffrir d'un encrassement des soupapes d'admission. Le carburant n'ayant plus le rôle de 'nettoyage' des soupapes d'admission (contrairement à l'injection indirecte), les dépôts de calamine s'accumulent. Cet encrassement peut perturber le bon remplissage des cylindres, affecter la combustion, et réduire les performances du moteur.

Les symptômes peuvent être une légère perte de puissance, une consommation accrue, ou des ralenti irréguliers. Des nettoyages périodiques du système d'admission, parfois via des produits spécifiques injectés ou par démontage, peuvent être nécessaires pour maintenir le moteur dans un état optimal. Un entretien régulier incluant le remplacement des filtres à air et à carburant contribue à limiter cet encrassement.

Les solutions et les bonnes pratiques d'entretien pour le THP

Face aux problèmes potentiels du moteur Peugeot THP, une approche proactive en matière d'entretien est la meilleure défense. En adoptant des pratiques rigoureuses et en étant attentif aux signes avant-coureurs, il est tout à fait possible de profiter de ce moteur pour de nombreux kilomètres. La clé réside dans la prévention et la réaction rapide face aux premiers symptômes.

La vidange d'huile : un rendez-vous crucial

La vidange d'huile est l'opération la plus fondamentale pour la santé de tout moteur, et le THP ne fait pas exception. Il est fortement recommandé de respecter, voire de réduire, les intervalles de vidange préconisés par le constructeur. Si Peugeot indique par exemple 20 000 km ou 2 ans, un propriétaire soucieux pourrait opter pour 10 000 à 15 000 km ou 1 an, surtout si le véhicule est utilisé en conditions urbaines ou s'il a un usage 'sportif'.

Utilisez impérativement une huile moteur de haute qualité, respectant les spécifications exactes requises par le constructeur (souvent une huile de grade 0W30 ou 5W30, avec les normes PSA approuvées). Une huile de qualité conserve mieux ses propriétés lubrifiantes, détergentes et protectrices, et aide à limiter l'usure des composants internes et l'encrassement. Le remplacement du filtre à huile à chaque vidange est bien sûr systématique.

Surveillance et remplacement de la courroie de distribution

Si vous possédez un modèle concerné par les problèmes de distribution, une vigilance accrue s'impose. Pour les générations les plus sensibles, il est judicieux de planifier le remplacement de la chaîne, des tendeurs, des guides et de la pompe à eau avant même d'atteindre le kilométrage préconisé s'il est très élevé, ou si des bruits suspects apparaissent. Un professionnel compétent pourra évaluer l'état de tension de la chaîne et vous conseiller au mieux.

Si vous entendez un cliquetis léger au démarrage à froid, ne tardez pas à faire vérifier le système de distribution. Une intervention précoce peut éviter des dégats bien plus coûteux.

Ce remplacement préventif, bien que coûteux, est un investissement pour la longévité du moteur. Il évite le risque d'une casse moteur aux conséquences financières désastreuses. Il est souvent couplé au remplacement de la pompe à eau, car celle-ci est entraînée par la distribution et son usure peut compromettre la courroie.

Nettoyage régulier et additifs

Pour lutter contre l'encrassement, des nettoyants injecteurs ou des additifs pour carburant de qualité peuvent être utilisés périodiquement, par exemple tous les 20 000 à 30 000 km. Ces produits aident à maintenir la propreté du système d'injection et des soupapes. Dans certains cas, un décalaminage professionnel du moteur peut être envisagé pour un nettoyage plus en profondeur.

Un autre aspect important est la gestion du turbo. Évitez de solliciter le moteur à froid et laissez-le tourner quelques instants au ralenti après un trajet à haute vitesse pour permettre au turbo de refroidir correctement. Ceci contribue à prévenir la formation de dépôts d'huile brûlée qui peuvent endommager le turbocompresseur.

Moteur THP : que vérifier lors de l'achat d'un véhicule d'occasion ?

L'acquisition d'un véhicule d'occasion équipé d'un moteur Peugeot THP demande une attention particulière. Compte tenu de sa réputation et de ses potentielles faiblesses, une inspection minutieuse est primordiale pour éviter de mauvaises surprises. Allez au-delà de l'apparence générale et plongez dans les détails mécaniques et l'historique du véhicule.

L'historique d'entretien : votre meilleur allié

La première chose à exiger est le carnet d'entretien complet et à jour. Recherchez les preuves de vidanges régulières, effectuées avec une huile de qualité conforme aux spécifications. La fréquence des vidanges est un indicateur clé de la manière dont le véhicule a été entretenu. Des factures de professionnels attestant des interventions réalisées sont un plus indéniable.

Demandez si la courroie de distribution (ou chaîne) a été remplacée, et quand. Si le véhicule est dans la fourchette kilométrique où un remplacement est préconisé ou s'il est proche de cette limite, assurez-vous que l'opération a été effectuée ou négociez son remplacement avant l'achat. Les problèmes de consommation d'huile doivent également figurer sur le carnet, ou être expliqués par le vendeur.

L'inspection visuelle et les tests dynamiques

Lors de l'inspection visuelle, ouvrez le capot et recherchez toute trace de fuite d'huile ou de liquide de refroidissement. Vérifiez le niveau d'huile et son aspect : il ne doit pas être trop noir, ni contenir de traces de mayonnaise (signe d'une émulsion due à un mélange avec du liquide de refroidissement).

Au démarrage, écoutez attentivement le bruit du moteur. Un fonctionnement régulier, sans cliquetis inhabituels, sans fumée bleue ou blanche excessive à l'échappement, est un bon signe. Lors de l'essai routier, le moteur doit monter dans les tours sans hésitation, sans perte de puissance, et sans bruits suspects. Testez le véhicule sur différents régimes et sollicitations pour déceler d'éventuels problèmes.

Demandez au vendeur si le véhicule a toujours été entretenu selon les préconisations constructeur, et soyez attentif à sa réponse. Une hésitation peut cacher un manque de suivi.

Ce qu'il faut vérifier spécifiquement sur le THP

Au-delà des contrôles généraux, focalisez-vous sur les points sensibles du THP. Demandez si des interventions sur la distribution ont eu lieu. Un bruit de claquement à froid, même léger, doit vous alerter et potentiellement vous faire renoncer à l'achat, sauf si le vendeur accepte de prendre en charge un remplacement complet du kit de distribution.

Surveillez également la consommation d'huile. Si le vendeur vous informe d'une consommation d'huile, assurez-vous que le niveau est correctement maintenu et renseignez-vous sur les causes possibles. Une consommation excessive peut devenir un gouffre financier. Enfin, une inspection par un mécanicien spécialisé dans les moteurs Peugeot/BMW est un investissement judicieux avant de conclure une transaction.

Le moteur THP face à ses concurrents : une comparaison objective

Dans le paysage automobile, le moteur Peugeot THP a souvent été en concurrence avec d'autres blocs essence turbocompressés de cylindrée similaire. Comparons-le objectivement à des alternatives pour mieux cerner ses forces et faiblesses.

Face aux moteurs atmosphériques de cylindrée similaire

Avant l'avènement généralisé du turbo, les moteurs atmosphériques de 1.6L ou 1.8L étaient courants. Comparé à un moteur atmosphérique de même cylindrée, le THP offre généralement plus de puissance et de couple à bas régime, grâce à son turbocompresseur. Cela se traduit par des accélérations plus franches et plus de souplesse au quotidien. Cependant, les moteurs atmosphériques bien conçus peuvent se montrer plus simples mécaniquement, potentiellement plus fiables sur le très long terme, et moins sujets aux coûts d'entretien liés au turbo et à ses périphériques.

Face aux autres moteurs turbo de 1.6L

D'autres constructeurs ont développé des moteurs turbo de 1.6L. Par exemple, le groupe Volkswagen a proposé le 1.4 TSI et plus tard le 1.5 TSI. Les moteurs Ford EcoBoost 1.5L ou 1.6L ont également marqué leur territoire. La comparaison directe est complexe car chaque moteur a ses spécificités. Le THP a souvent été salué pour sa réactivité et son agrément sportif. Cependant, certains concurrents ont pu afficher une meilleure fiabilité globale ou une consommation légèrement plus basse dans certaines conditions.

Le moteur 1.2 PureTech de Peugeot, par exemple, bien que plus récent et souvent à 3 cylindres, est devenu une alternative plus courante dans la gamme actuelle. Il a lui aussi connu des soucis (notamment sur les courroies de distribution), mais il représente une évolution technologique différente du THP.

Comparaison avec des moteurs diesel (ex: 1.6 HDI)

Il est intéressant de comparer le THP à des moteurs diesel de cylindrée similaire, comme le moteur 1.6 HDI (ou BlueHDi). Les moteurs diesel comme le 1.6 HDI 90 ou 110 chevaux sont réputés pour leur sobriété, leur couple important à bas régime, et leur longévité, souvent supérieure si bien entretenus. Le moteur THP, en revanche, offrira généralement de meilleures performances à haut régime et un agrément sonore plus plaisant pour ceux qui préfèrent l'essence.

En termes de coûts d'entretien, le THP peut nécessiter des interventions plus coûteuses en cas de problème de turbo ou de distribution complexe. Les moteurs diesel, s'ils sont bien entretenus, peuvent être plus endurants, mais les systèmes d'injection et de dépollution (FAP, AdBlue) peuvent aussi engendrer des frais importants.

Le choix entre THP et un moteur diesel comme le 1.6 HDI 90, le 1.6 HDI 110 sur une C4 Picasso, ou même des versions plus modernes comme le moteur BlueHDi 130, dépendra fortement de l'usage du véhicule (kilométrage annuel, type de parcours) et des préférences personnelles en matière de conduite.

Les moteurs THP évités : quels sont les codes moteurs à surveiller ?

Face aux discussions sur la fiabilité, certains modèles ou versions de moteurs THP sont plus souvent cités comme étant à éviter ou à surveiller de très près. Il est utile de connaître ces 'points chauds' pour ne pas se retrouver avec un véhicule potentiellement problématique.

Les premières générations du moteur 'Prince'

Les moteurs THP les plus anciens, souvent associés aux codes EP6DT et EP6DTS, ainsi que leur équivalent BMW N14, sont généralement considérés comme les plus sujets aux problèmes de distribution et de consommation d'huile. Ces moteurs équipaient notamment les Peugeot 207 RC, certaines 308 GT, et les Mini Cooper S de la même époque. Si vous regardez un véhicule avec ces motorisations, une vérification approfondie de l'historique et de l'état mécanique est absolument indispensable.

Il est crucial de savoir que même au sein de ces générations, des améliorations ont pu être apportées en cours de production. Un véhicule fabriqué en fin de période de production de ces codes moteurs pourrait être moins affecté que les tout premiers exemplaires. Cependant, la prudence reste de mise.

Les modèles de véhicules concernés

Certains modèles de véhicules ont vu leur moteur THP plus fréquemment rapporter des soucis. Le moteur de la DS3, par exemple, bien que partageant la même base, peut présenter des spécificités. Les anciens modèles de C4 Picasso équipés du 1.6 HDI 110 (qui est un diesel, mais pour illustrer la gestion des moteurs PSA), ou des versions essence du moteur THP sur certains modèles, nécessitent une attention particulière.

Il n'est pas rare de lire des avertissements concernant le moteur DS3 à éviter, souvent liés aux mêmes préoccupations de distribution ou d'usure prématurée. Cela ne signifie pas que tous les moteurs de ces modèles sont défectueux, mais que le risque est statistiquement plus élevé.

De même, un rappel c3 moteur a pu exister pour certaines séries, signalant un défaut identifié par le constructeur. Il est toujours pertinent de vérifier si le véhicule qui vous intéresse a bénéficié des campagnes de rappel officielles.

L'importance du code moteur et de la date de fabrication

Plutôt que de se focaliser uniquement sur le modèle de voiture, il est plus précis de s'intéresser au code moteur exact et à sa date de fabrication. Un moteur THP de 200 chevaux sur une Peugeot 308 de première génération n'aura pas forcément les mêmes spécificités qu'un moteur THP 150 sur une Peugeot 508 des premières années. Les évolutions techniques ont été constantes.

Si vous avez un doute, n'hésitez pas à consulter des forums spécialisés ou à demander conseil à un mécanicien connaissant bien les motorisations PSA et BMW. Ils pourront vous orienter vers les versions les plus fiables et vous signaler les points à contrôler en priorité pour le moteur spécifique qui vous intéresse.

Les moteurs à privilégier : quelle est la relève du THP ?

Le moteur Peugeot THP, malgré ses qualités, a progressivement laissé place à de nouvelles générations de motorisations chez Peugeot et ses marques sœurs. Si vous recherchez un véhicule récent ou si vous envisagez un remplacement, il est pertinent de connaître les alternatives qui ont pris le relais et qui sont considérées comme plus modernes ou plus fiables.

L'ère des moteurs PureTech

La famille des moteurs PureTech, développée par le groupe PSA, représente la nouvelle génération de motorisations essence pour la marque. Ces moteurs se distinguent souvent par leur architecture à trois cylindres et leur cylindrée réduite (comme le 1.2 PureTech), associés à un turbocompresseur. Ils visent un excellent rendement, une consommation maîtrisée et des émissions de CO2 réduites.

Les moteurs 1.2 PureTech ont équipé une vaste gamme de véhicules, des citadines aux berlines compactes et SUV. Bien que cette famille de moteurs ait elle aussi connu des problèmes spécifiques, notamment liés à la courroie de distribution crantée et à son système de lubrification, ils représentent la direction technologique actuelle de Peugeot pour l'essence. Les versions les plus récentes ont bénéficié d'évolutions visant à corriger les défauts des premières générations.

Les moteurs BlueHDi : l'alternative diesel moderne

Pour ceux qui préfèrent le diesel, la gamme BlueHDi a succédé aux anciens moteurs HDi. Ces moteurs diesel modernes sont équipés de systèmes de dépollution avancés, comme le filtre à particules (FAP) et le système SCR avec injection d'AdBlue, pour répondre aux normes Euro 6. Des motorisations comme le moteur 1.5 BlueHDi 130, ou des versions plus anciennes mais éprouvées comme le moteur 1.6 BlueHDi (qui reprend la base du 1.6 HDI), sont des options solides.

Ces moteurs diesel offrent un excellent couple, une grande sobriété, et sont particulièrement adaptés aux longs trajets. Comme pour le THP, un entretien régulier et le respect des préconisations constructeur sont cruciaux pour garantir leur longévité et le bon fonctionnement des systèmes anti-pollution.

Par exemple, le moteur 1.2 VTI fiabilité est une autre motorisation essence qui a pu équiper des modèles plus anciens, mais il s'agit d'un moteur atmosphérique, donc moins performant que le THP turbo. Le moteur 1.6 HDI 90 et le moteur C4 Picasso 1.6 HDI 110 sont des exemples de blocs diesel qui ont fait leurs preuves, bien qu'ils soient moins récents.

L'évolution vers l'électrification et l'hybride

Au-delà des moteurs thermiques, l'industrie automobile évolue rapidement vers l'électrification. Peugeot propose désormais des versions hybrides rechargeables (comme sur la Peugeot 308 ou 508) et des véhicules 100% électriques (comme la Peugeot e-208 ou e-2008). Ces motorisations représentent l'avenir et offrent des avantages en termes de performances, de silence et d'impact environnemental.

Si le moteur THP a marqué une période importante de l'histoire de Peugeot en offrant un bon équilibre entre performance et efficience pour son époque, les technologies actuelles, qu'il s'agisse des PureTech, des BlueHDi ou des systèmes hybrides/électriques, visent à dépasser ses limitations et à s'adapter aux exigences de demain.