L'idée reçue : le WD40, panacée pour tous les problèmes mécaniques ?
Dans le monde de l'entretien automobile, certaines astuces circulent de garage en garage, de forum en forum. L'une des plus tenaces concerne l'utilisation du WD40 pour résoudre une multitude de petits tracas. Parmi eux, le nettoyage de la sonde lambda semble figurer en bonne place. Face à un voyant moteur allumé, une perte de puissance, ou simplement par mesure préventive, l'automobiliste zélé pourrait être tenté d'asperger cette pièce cruciale de son système d'échappement avec ce produit multifonction bien connu. L'argument est simple : le WD40 est un excellent dégrippant et nettoyant. Il est censé dissoudre les dépôts carbonés et autres saletés qui encrassent la sonde, lui redonnant ainsi ses capacités de mesure optimales.
Cette approche peut sembler logique à première vue. Après tout, si un produit peut nettoyer une pièce métallique encrassée, pourquoi ne fonctionnerait-il pas sur une sonde lambda ? Le coût du produit, bien plus abordable que le remplacement de la pièce, renforce d'autant cette tentation. Cependant, il est crucial de comprendre que la sonde lambda n'est pas une pièce métallique ordinaire. Sa fonction et sa composition la rendent particulièrement sensible aux produits chimiques agressifs ou inadaptés. L'idée de 'nettoyer' une pièce aussi sensible avec un produit aussi générique que le WD40 relève souvent d'un manque de compréhension de son fonctionnement et des matériaux qui la composent.
La réalité est plus nuancée. Si le WD40 peut effectivement dissoudre certaines graisses ou huiles, son efficacité sur les dépôts carbonés tenaces des gaz d'échappement est limitée. Pire encore, certains composants du WD40 pourraient réagir chimiquement avec les matériaux sensibles de la sonde, tels que la céramique ou les alliages de métaux précieux, endommageant définitivement ses électrodes ou ses revêtements. L'automobiliste qui pense faire une bonne affaire risque, en réalité, de précipiter la défaillance de sa sonde et d'engendrer des frais de réparation bien plus importants.
- Le WD40 est souvent perçu comme un nettoyant universel pour pièces automobiles.
- L'application directe sur la sonde lambda vise à dissoudre les dépôts carbonés.
- Des risques de dommages permanents sur la sonde existent du fait de sa composition.
- Cette méthode est largement déconseillée par les professionnels de l'automobile.
Pourtant, malgré les avertissements, pourquoi cette pratique persiste-t-elle ? L'attrait du 'faire soi-même' et des solutions rapides et peu coûteuses pousse de nombreux conducteurs à explorer des voies non conventionnelles. Il est temps de dissiper ce mythe et de comprendre les dangers réels associés à cette tentative de nettoyage.
Pourquoi le WD40 n'est pas l'ami de votre sonde lambda
Pour saisir les risques liés à l'utilisation du WD40 sur une sonde lambda, il faut d'abord comprendre le rôle précis de cette pièce et sa sensibilité. La sonde lambda, aussi appelée capteur d'oxygène, est essentielle au bon fonctionnement du moteur et au contrôle des émissions polluantes. Placée dans la ligne d'échappement, elle analyse la quantité d'oxygène restant dans les gaz brûlés. Cette information est ensuite transmise au calculateur moteur, qui ajuste en temps réel le mélange air-carburant pour optimiser la combustion. Un mélange trop riche (trop de carburant) ou trop pauvre (trop d'air) entraîne une surconsommation, une augmentation des émissions nocives et une usure prématurée du catalyseur.
La composition chimique de la sonde lambda
La partie sensible de la sonde, celle qui entre en contact direct avec les gaz d'échappement, est généralement constituée d'une céramique poreuse (souvent de l'oxyde de zirconium) recouverte d'une couche d'électrodes en platine. Cette configuration permet de générer une tension électrique proportionnelle à la différence de concentration d'oxygène entre l'intérieur de la sonde et l'air ambiant. La précision de cette mesure est primordiale. Les dépôts qui s'y accumulent – suies, huile brûlée, résidus d'additifs non contrôlés – peuvent littéralement étouffer cette surface sensible, faussant les mesures.
Les dangers spécifiques du WD40
Le WD40 est avant tout un dégrippant et un hydrofuge. Sa formule contient des solvants, des huiles minérales et des agents de pénétration. Bien qu'il soit efficace pour libérer des pièces rouillées ou éliminer certaines graisses, ses composants ne sont pas conçus pour interagir avec les matériaux fragiles et chimiquement actifs d'une sonde lambda. L'exposition directe des électrodes en platine ou du corps en céramique à ces solvants peut provoquer plusieurs problèmes :
- Altération des électrodes : Les résidus d'huile et de solvants du WD40 peuvent former une pellicule isolante sur les électrodes en platine, empêchant toute réaction électrochimique.
- Dommages à la céramique : Les chocs thermiques subis par la sonde sont importants. L'application d'un produit comme le WD40, suivi d'un chauffage rapide lors du redémarrage du moteur, peut créer des contraintes thermiques qui fissurent ou brisent la céramique.
- Contamination du catalyseur : Si le WD40 n'est pas complètement évaporé ou éliminé, ses résidus peuvent être entraînés vers le catalyseur et s'y déposer, encrassant prématurément cette pièce coûteuse et indispensable au traitement des gaz d'échappement.
- Incapacité à mesurer l'oxygène : Les dépôts du WD40, une fois chauffés et polymérisés, peuvent créer un obstacle physique ou chimique à la diffusion de l'oxygène vers les capteurs internes, rendant la sonde incapable de remplir sa fonction.
En somme, au lieu de 'nettoyer', le WD40 a une forte propension à 'empoisonner' ou 'endommager' la sonde lambda. Le résultat est souvent une sonde défaillante qui nécessitera un remplacement, bien plus coûteux que le prix d'une bombe de WD40.
L'idée de résoudre un problème technique complexe avec un unique produit multifonction masque souvent les risques d'aggraver la situation.
Il est donc essentiel de comprendre que ce qui fonctionne pour une charnière grippée ou des boulons récalcitrants n'est pas adapté à une pièce aussi sophistiquée et critique qu'une sonde lambda. Les conséquences d'une mauvaise manipulation peuvent rapidement se chiffrer en centaines d'euros, sans compter le temps perdu et la frustration engendrée.
Les symptômes d'une sonde lambda encrassée ou défaillante
Avant même de penser à un nettoyage, il est important de savoir reconnaître les signes qui indiquent que votre sonde lambda pourrait avoir un problème. Ignorer ces symptômes ou tenter de les résoudre avec des méthodes inappropriées peut mener à des dégradations plus sérieuses du système moteur et de dépollution.
Signes avant-coureurs à ne pas négliger
Plusieurs indicateurs peuvent alerter le conducteur d'un dysfonctionnement de la sonde lambda. Le plus fréquent est sans doute l'allumage du Voyant moteur (ou témoin d'anomalie de gestion moteur) sur le tableau de bord. Ce voyant est un signal général qui peut concerner de nombreux systèmes, mais une sonde lambda défaillante en est une cause très fréquente. Le calculateur moteur détecte une valeur anormale ou absente de la sonde et allume le témoin pour informer le conducteur.
Au-delà du voyant, des symptômes plus concrets peuvent apparaître :
- Augmentation de la consommation de carburant : Si la sonde ne renvoie plus les bonnes informations, le calculateur peut enrichir le mélange air-carburant de manière excessive pour tenter de compenser une hypothèse de mélange trop pauvre. Cela entraîne une consommation de carburant anormalement élevée.
- Perte de puissance ou à-coups : Un mauvais dosage du carburant affecte directement les performances du moteur. Vous pourriez ressentir une baisse de régime, des ratés à l'accélération, ou des secousses inhabituelles lors de la conduite.
- Ralenti instable : Le moteur peut peiner à maintenir un régime de ralenti constant, bégayant ou calant parfois.
- Odeurs de carburant ou gaz d'échappement inhabituelles : Une combustion incomplète due à un mauvais mélange peut dégager des odeurs fortes de carburant ou une odeur plus âcre des gaz d'échappement.
- Mise en mode dégradé du véhicule : Pour protéger le moteur et limiter les dégâts, le calculateur peut activer un mode de fonctionnement limité, réduisant drastiquement la puissance du véhicule.
- Défaillance du catalyseur : À terme, une sonde lambda défectueuse peut entraîner la destruction du pot catalytique par surchauffe ou encrassement, une réparation encore plus coûteuse.
Si vous observez un ou plusieurs de ces signes, il est probable que votre sonde lambda soit en cause, ou qu'elle soit encrassée au point de ne plus fonctionner correctement. Avant de penser à des solutions rapides et potentiellement dommageables, il est primordial de faire diagnostiquer le problème.
Faites vérifier votre système d'échappement et votre moteur à l'aide d'un outil de diagnostic électronique avant d'entreprendre toute intervention sur la sonde lambda.
Un bon diagnostic permettra d'identifier précisément si le problème vient de la sonde elle-même, de son câblage, ou d'un autre composant moteur. Tenter de nettoyer une sonde qui n'est pas le véritable problème, ou dont le défaut ne provient pas d'un simple encrassement, est une perte de temps et de ressources.
Les erreurs à ne pas commettre lors de l'entretien de votre sonde lambda
L'entretien d'une sonde lambda est un sujet délicat. Les erreurs commises à ce niveau sont souvent le résultat d'un manque d'information ou de la tentation de trouver une solution rapide et économique. Comprendre ces écueils est la première étape pour préserver le bon fonctionnement de votre véhicule.
Erreurs courantes lors du 'nettoyage' ou du remplacement
L'erreur la plus fréquente, comme nous l'avons déjà abordé, est l'utilisation de produits chimiques inappropriés comme le WD40. Mais d'autres erreurs peuvent survenir :
- Nettoyage 'à sec' : Certains tentent de frotter la sonde avec une brosse métallique ou du papier de verre. C'est une excellente manière de rayer et d'endommager définitivement la fine couche d'électrode en platine, rendant la sonde totalement inopérante.
- Utilisation de nettoyants pour carburateur ou freins : Ces produits sont souvent très agressifs et peuvent causer des dommages similaires, voire pires, que le WD40 sur les matériaux sensibles de la sonde.
- Mauvais remontage : Si vous parvenez à démonter la sonde, veillez à la remonter avec soin. Un mauvais serrage peut entraîner des fuites d'échappement ou endommager le filetage du collecteur.
- Négliger le câblage : Les fils de connexion de la sonde lambda sont aussi importants que la sonde elle-même. Des fils effilochés, coupés ou mal connectés peuvent simuler une défaillance de la sonde.
- Remplacer sans diagnostiquer : Changer la sonde lambda sans passer un diagnostic électronique est une erreur coûteuse. Le problème peut provenir de l'injecteur, du débitmètre, du système d'allumage ou du catalyseur.
Pourquoi le remplacement systématique n'est pas toujours la solution
Dans certains cas, une sonde peut sembler encrassée ou défaillante, mais un nettoyage simple et adapté pourrait suffire. Cependant, il faut reconnaître que la plupart des sondes lambda ont une durée de vie limitée. Les contraintes thermiques, chimiques et vibratoires auxquelles elles sont soumises finissent par user leurs composants. Lorsqu'une sonde est réellement défectueuse (mesures incohérentes, absence de signal, temps de réponse trop lent), son remplacement est inévitable. Le vrai risque n'est pas de remplacer une sonde si elle est défaillante, mais de la remplacer prématurément, ou de ne pas résoudre le problème de fond qui a causé sa défaillance.
Il est également crucial de choisir la bonne pièce de rechange. Une sonde lambda générique de mauvaise qualité peut ne pas offrir la précision attendue, ou avoir une durée de vie plus courte. Il est souvent préférable d'opter pour des marques reconnues ou une pièce d'origine constructeur.
Avant de commander une nouvelle sonde, vérifiez la référence exacte pour votre modèle de voiture. Une pièce non compatible fonctionnera mal, voire pas du tout.
Enfin, il faut se rappeler que la sonde lambda travaille en synergie avec le catalyseur. Un catalyseur en fin de vie ou défaillant peut encrasser rapidement une nouvelle sonde. Il est donc souvent conseillé de vérifier l'état du catalyseur lors du remplacement d'une sonde lambda, surtout si le véhicule a un kilométrage élevé ou a souffert de problèmes de combustion.
Les solutions alternatives et efficaces pour une sonde lambda propre
Si vous êtes confronté à des problèmes liés à la sonde lambda et que vous souhaitez une solution plus sûre et efficace que le WD40, plusieurs approches sont possibles. Elles varient en fonction de la gravité de l'encrassement, de la nature du défaut et de votre budget. L'objectif est toujours de restaurer la mesure précise de l'oxygène sans compromettre l'intégrité de la pièce ou du système.
Les additifs nettoyants pour carburant : une première approche
Certains additifs conçus pour le carburant sont spécifiquement formulés pour nettoyer les composants du système d'injection et d'échappement, y compris la sonde lambda et le pot catalytique. Ces produits s'ajoutent directement au réservoir de carburant. En circulant dans le moteur, ils aident à dissoudre les dépôts carbonés qui s'accumulent sur la sonde et dans la chambre de combustion. C'est une solution préventive ou pour des encrassements légers. Le bénéfice est qu'ils sont conçus pour être compatibles avec les matériaux des pièces automobiles et ne laissent pas de résidus nocifs comme le WD40. L'utilisation régulière de tels additifs peut aider à maintenir la sonde en bon état sur le long terme et à prévenir le besoin de nettoyages plus drastiques.
Le nettoyage professionnel : la voie la plus sûre
Pour les encrassements plus importants, ou si un diagnostic révèle une sonde effectivement encrassée mais potentiellement récupérable, un nettoyage professionnel peut être envisagé. Certains garages spécialisés disposent d'équipements spécifiques, comme des nettoyeurs à ultrasons ou des produits chimiques de grade industriel (mais adaptés) qui permettent de dissoudre les dépôts tenaces sans endommager la sonde. Le professionnel pourra démonter la sonde, la traiter avec les agents appropriés, la rincer et la tester avant de la remonter. C'est la méthode la plus sûre pour tenter de prolonger la vie d'une sonde lambda encrassée sans prendre de risques.
Il est important de noter que tous les professionnels ne proposent pas ce service, car le temps passé et le coût des produits peuvent parfois approcher celui d'une sonde neuve. De plus, l'efficacité du nettoyage dépendra de l'étendue des dommages. Si la sonde a déjà subi des dommages irréversibles, le nettoyage ne servira à rien.
Quand faut-il penser au remplacement ?
Si le diagnostic électronique indique une défaillance franche de la sonde lambda (signal erratique, hors plage, temps de réponse trop lent) et que le nettoyage n'est pas une option viable ou efficace, le remplacement est la seule solution. Dans ce cas, privilégiez:
- La pièce d'origine ou une pièce de qualité équivalente : Pour garantir la compatibilité et la performance.
- Le remplacement par un professionnel : Si vous n'êtes pas à l'aise avec ce type d'intervention, confiez-la à un mécanicien. Cela garantit un montage correct et évite d'autres complications.
La sonde lambda est une pièce maîtresse pour l'efficacité énergétique et le contrôle des émissions de votre véhicule. La maintenir en bon état, que ce soit par une conduite souple, l'utilisation d'additifs de qualité ou un entretien régulier, est bien plus judicieux que de recourir à des astuces hasardeuses comme le nettoyage à base de WD40.
Le choix d'une méthode de nettoyage ou de remplacement doit toujours privilégier la longévité et la performance du moteur sur une solution à court terme et potentiellement coûteuse.
Le rôle crucial du pot catalytique et sa relation avec la sonde lambda
La sonde lambda et le pot catalytique forment un duo indissociable dans le système de dépollution des véhicules à essence modernes. Comprendre leur interaction est essentiel pour saisir pourquoi la maintenance de l'un affecte directement l'autre, et pourquoi une fausse manipulation sur la sonde peut avoir des répercussions désastreuses sur le catalyseur.
Fonctionnement du pot catalytique
Le pot catalytique, ou convertisseur catalytique, est une pièce située sur la ligne d'échappement qui transforme les gaz d'échappement nocifs en composés moins dangereux avant qu'ils ne soient rejetés dans l'atmosphère. Il agit grâce à des métaux précieux (platine, palladium, rhodium) qui servent de catalyseurs pour trois réactions chimiques principales :
- Oxydation du monoxyde de carbone (CO) en dioxyde de carbone (CO2).
- Oxydation des hydrocarbures imbrûlés (HC) en dioxyde de carbone (CO2) et eau (H2O).
- Réduction des oxydes d'azote (NOx) en azote (N2) et dioxygène (O2).
Pour que ces réactions chimiques s'effectuent de manière optimale, le mélange air-carburant doit être très précisément dosé, idéalement stœchiométrique (environ 14,7 parts d'air pour 1 part de carburant). C'est là que la sonde lambda intervient.
La synergie : sonde lambda et catalyseur
La sonde lambda est le 'cerveau' du système de contrôle du mélange. En mesurant l'oxygène résiduel dans les gaz d'échappement, elle informe le calculateur moteur si le mélange est trop riche (excès de carburant, peu d'oxygène) ou trop pauvre (excès d'air, beaucoup d'oxygène). Le calculateur ajuste ensuite la quantité de carburant injectée pour maintenir le mélange autour du point idéal, là où le catalyseur est le plus efficace. Si la sonde ne mesure pas correctement, le calculateur ne peut pas optimiser le mélange.
Les conséquences d'une sonde lambda défaillante sur le catalyseur sont multiples :
- Mélange trop riche : Un excès de carburant non brûlé parvient au catalyseur. Ce carburant supplémentaire peut s'enflammer dans le catalyseur, provoquant une surchauffe massive qui peut faire fondre la structure interne en céramique du catalyseur. C'est une cause fréquente de destruction du pot catalytique.
- Mélange trop pauvre : Bien que moins dommageable pour le catalyseur, un mélange trop pauvre peut réduire son efficacité.
- Encrassement : Les résidus de combustion incomplète dus à un mauvais dosage peuvent s'accumuler sur la surface du catalyseur, le rendant moins perméable et réduisant son efficacité.
De même, un catalyseur encrassé ou endommagé peut affecter le fonctionnement de la sonde lambda. Par exemple, s'il ne peut plus évacuer les gaz efficacement, cela peut perturber la mesure de l'oxygène.
L'intégrité du pot catalytique est donc directement liée à celle de la sonde lambda.
Si le voyant moteur s'allume suite à un problème de sonde lambda, ne tardez pas à agir, car les dégâts sur le catalyseur peuvent rapidement devenir très coûteux.
Face à ces enjeux, toute tentative de bricolage sur la sonde lambda avec des produits comme le WD40 devient particulièrement risquée. Endommager une sonde peut avoir pour effet secondaire de détruire un pot catalytique qui, lui, coûte plusieurs centaines, voire plus d'un millier d'euros à remplacer.
Ce qu'il faut vérifier avant de toucher à votre sonde lambda
Face à un voyant moteur allumé ou des symptômes de mauvaise combustion, l'instinct peut être de vouloir intervenir rapidement. Cependant, avant de songer à nettoyer ou remplacer une sonde lambda, plusieurs vérifications s'imposent pour s'assurer que vous ciblez le bon problème et que vous n'allez pas causer plus de tort que de bien.
Le diagnostic électronique : votre premier allié
L'outil le plus précieux pour diagnostiquer un problème de sonde lambda est une valise de diagnostic électronique. Ce boîtier se connecte à la prise OBD (On-Board Diagnostics) de votre véhicule, généralement située sous le tableau de bord. Il permet de lire les codes défauts enregistrés par le calculateur moteur. Les codes P0130 à P0167, par exemple, sont spécifiquement liés aux sondes lambda. La valise peut également afficher en temps réel les données de fonctionnement de la sonde (tension, rapport air/carburant, temps de réponse). Cela permet de confirmer si la sonde est défaillante, si elle est simplement lente, ou si le problème vient d'ailleurs. La lecture de ces codes défauts est la première étape indispensable.
Vérification du câblage et des connecteurs
Avant de suspecter la sonde elle-même, inspectez son faisceau électrique. Les câbles peuvent être effilochés, coupés, fondus par la chaleur ou rongés par des rongeurs. Le connecteur qui relie la sonde au faisceau du véhicule doit également être propre, sec et bien enclenché. Un connecteur corrodé ou mal fixé peut provoquer des faux contacts ou une résistance électrique qui fausse les mesures. Un nettoyage des contacts avec un produit spécifique pour électronique automobile (et non du WD40 !) peut parfois suffire à rétablir une connexion saine.
Contrôle des fuites d'échappement
Les fuites d'air dans la ligne d'échappement, avant ou juste après la sonde lambda, peuvent introduire de l'oxygène non mesuré par le système. Ce 'faux' air peut amener le calculateur à penser que le mélange est trop pauvre, alors qu'il est correct. Le système va alors enrichir le mélange, menant à une surconsommation et à une usure prématurée du catalyseur. Vérifiez l'étanchéité de tous les joints, colliers et soudures de votre ligne d'échappement. Les signes de fuite sont souvent un bruit de pétarade ou des traces de suie autour des connexions.
L'état du moteur dans son ensemble
Une sonde lambda peut dysfonctionner à cause de problèmes plus profonds du moteur. Par exemple, une consommation d'huile excessive peut recouvrir la sonde de résidus huileux. Des bougies d'allumage usées ou un système d'injection défectueux peuvent aussi perturber la combustion et fausser les mesures de la sonde. Il est donc pertinent de vérifier l'état général du moteur, notamment les bougies, les injecteurs et le système d'allumage, si la sonde lambda présente des symptômes sans qu'une fuite ou un problème de câblage ne soit identifié.
En résumé, ne considérez pas la sonde lambda comme une pièce isolée. Elle fait partie d'un système complexe. Un diagnostic complet est la clé pour éviter les erreurs coûteuses, comme l'utilisation inappropriée du WD40, et pour assurer la longévité de votre véhicule.
Conseils pratiques pour l'entretien préventif de votre système d'échappement
Maintenir le système d'échappement de votre véhicule en bon état, c'est s'assurer de réduire la pollution, de faire des économies de carburant et d'éviter des réparations coûteuses. Plutôt que d'attendre que le voyant moteur s'allume, une approche préventive est toujours préférable. Cela implique d'adopter quelques bonnes habitudes et de réaliser des contrôles réguliers.
Adopter une conduite adaptée
La manière dont vous conduisez a un impact direct sur la santé de votre système d'échappement, y compris la sonde lambda et le pot catalytique. Évitez les accélérations brusques et inutiles, ainsi que les freinages trop tardifs. Une conduite souple permet au moteur de fonctionner de manière plus stable, favorisant une combustion plus complète et moins de dépôts nocifs. De temps en temps, sur route dégagée et en respectant les limitations de vitesse, n'hésitez pas à faire rouler votre véhicule à des régimes légèrement plus élevés (sans pour autant brutaliser le moteur) pendant quelques kilomètres. Cela permet de 'décrasser' le moteur et le système d'échappement, aidant à éliminer certains dépôts accumulés.
Utilisation d'additifs de qualité
Comme mentionné précédemment, l'utilisation régulière d'additifs nettoyants pour carburant de marques reconnues peut être un excellent moyen d'entretien préventif. Ces produits aident à maintenir la propreté des injecteurs, des soupapes, de la chambre de combustion et, par extension, de la sonde lambda et du catalyseur. Un bidon tous les 10 000 à 15 000 kilomètres, par exemple, peut contribuer significativement à prévenir l'encrassement. Assurez-vous de choisir des additifs spécifiquement conçus pour le nettoyage du système d'injection et d'échappement, et non des 'miracles' multifonctions.
Inspection visuelle régulière
Il est conseillé de jeter un œil sous votre véhicule de temps en temps, notamment lors des vidanges ou du changement de pneus. Repérez votre ligne d'échappement (tuyaux, silencieux, catalyseur) et vérifiez son état. Recherchez des signes de corrosion excessive, de rouille avancée, des impacts ou des déformations qui pourraient indiquer un début de fuite. Les colliers de serrage doivent être bien fixés et les supports en caoutchouc en bon état pour éviter que l'ensemble ne vibre excessivement.
Une inspection visuelle peut révéler un problème avant qu'il ne devienne grave.
La sonde lambda elle-même, bien qu'elle ne soit pas toujours visible sans démontage, est généralement connectée à un câble. Assurez-vous que ce câble est bien fixé et ne pend pas, où il pourrait être endommagé par la route ou la chaleur.
Nettoyez les connecteurs de la sonde lambda avec un produit adapté à l'électronique automobile lors de chaque révision majeure pour garantir une connexion optimale.
En adoptant ces gestes simples, vous assurez une meilleure longévité à votre système d'échappement et vous réduisez le risque de rencontrer des problèmes coûteux liés à l'encrassement ou à la défaillance des composants comme la sonde lambda ou le pot catalytique. L'entretien préventif est toujours plus économique et plus sûr que le rattrapage.
